Fraternité St-Corentin - Dimanche 13 avril 2008
Les Monts d'Arrée



Du sommet on voit tout le Léon. Au nord la mer est visible à Roscoff. A l'ouest on voit la rade de Brest. Au sud, on voit la Cornouaille jusqu'à la barrière des Montagnes noires.






A l'extrémité ouest du chemin des crêtes, nous arrivons à Croas Mélar. Nous sommes à la frontière entre le Léon et la Cornouaille. La croix de Saint-Mélar marquerait le lieu d'un combat qui aurait eu lieu au XIIe siècle. Elle rappellerait aussi un miracle qui se serait produit ici vers le VIe siècle. Elle rappelle surtout le souvenir de saint Mélar. Mélar était le fils du roi Miliau de Cornouaille. Il avait un oncle qui s'appelait Rivod et avait fait périr Miliau. Voulant également fait périr Mélar pour régner à sa place, Rivod avait pour ce faire soudoyé des soldats. Mais ceux-ci eurent pitié du jeune Mélar qui n'avait que 7 ans. Ils se contentèrent de lui couper un pied et une main. Ainsi pensaient-ils, Mélar ne pourrait plus ni monter à cheval ni tenir une épée, ce qui l'empêcherait de régner et devrait suffire à Rivod. C'était sans compter sur l'adresse des forgerons de l'époque qui firent au jeune Mélar un pied et une main d'airain dont on pouvait se servir comme de vrais membres. Apprenant que la fureur de Rivod avait repris de plus belle, Mélar partit alors se réfugier à Lanmeur dans une résidence du roi de Domnonée (nord de la Bretagne). C'est là, au château de Beuzit dont on voit encore l'emplacement à l'ouest de Lanmeur, que les sbires de Rivod retrouvèrent Mélar et le décapitèrent.

Ensuite les légendes de saint Mélar ne s'accordent plus. L'une d'elles affirme que la tête du jeune Mélar aurait été rapportée à Rivod en Cornouaille et le corps laissé à Lanmeur. Un jour on décida de réunir les reliques. On apporta le corps et la tête sur la crête des Monts d'Arrée près de l'endroit appelé aujourd'hui Croas Melar. Alors que le corps se trouvait en pays de Léon et la tête en Cornouaille, on vit la tête s'élever dans les airs pour rejoindre le corps. Derrière cette légende on peut voir une tradition celtique du Haut Moyen Age qui répugnait à morceler les corps des saints ([1] page 323). On finit par conclure que Melar devait reposer tout entier à Lanmeur. C'est là qu'on lui construisit une crypte, une des plus étonnantes qui se puisse encore voir aujourd'hui. Le corps de Mélar y reposa jusqu'aux invasions normandes du IXe siècle. A cette époque, les reliques furent transférées provisoirement aux abbayes de Léhon et de Redon, puis finalement à l'église Saint-Jacques du Haut-Pas à Paris. De là le culte et les reliques se dispersèrent à Orléans, Meaux et Ambresbury en Angleterre. Mélar est le patron de Lanmeur, Meilars, Locmélar-Sizun, Locmélar-Plounéventer, Fégréac, Saint-Méloir-des-Ondes et Saint-Méloir-des-Bois. Il reste des parcelles de reliques à Lanmeur et à Locmélar. Le lieu où Mélar fut assassiné est connu maintenant sous le nom de "Douves de saint Mélar". L'endroit se trouve à 1 km à l'ouest de Lanmeur. Il existerait également entre Lannéanou et Lanmeur un "Chemin de Saint Mélar" qui pourrait marquer une route suivie par le saint ou bien par ses reliques [1].



Nous terminons la journéee à l'église de Botmeur. L'édifice actuel remplace une église basse qui occupait le cimetière. Elle a été bénite le 25 mars 1909. Après l'incendie du 9 juin 1934, elle a été restaurée et consacrée le 25 mars 1935.



Références:
[1] Recherches sur saint Melar. D.-B. Grémont. Bulletin de la Société Archéologique du Finistère. 1973. pages 285 à 361
